Gérer l’échec à l’examen du CRFPA

J’ai laissé passer quelques jours depuis les résultats des écrits pour écrire cet article. Je pense que cela était nécessaire. Chacun gère ce moment des résultats d’une manière différente et digérer un échec demande légitimement du temps. Maintenant, il faut aussi se relever de tout cela et penser à son avenir. Car il y a une vie après le CRFPA !

« La pire erreur n’est pas dans l’échec mais dans l’incapacité de dominer l’échec.”

François Mitterrand

 

Vous avez peut-être fondé beaucoup d’espoir sur cet examen. Vous avez y avez cru jusqu’au bout parce qu’il n’y avait pas de raison de ne pas y croire. Ne désespérez pas car il y a toujours quelque chose à ressortir de ce type d’épreuve. Le chemin sera peut être un peu plus long, plus tortueux mais il mènera assurément à votre réussite.

Il s’agit maintenant de penser à votre avenir et rapidement. Vous lancer dans de nouveaux projets. C’est certainement le meilleur moyen de passer à autre chose.

1 – Non vous n’êtes pas nul :

L’examen du CRFPA ne reflète absolument pas vos connaissances juridiques. Vous l’avez vu, il est aléatoire et peut-être aussi un peu inégalitaire en fonction des IEJ. A ce sujet, ne regrettez pas de vous être inscrit dans tel IEJ et pas dans un autre avec un meilleur taux aux admissibilités. Déjà parce que ces variations de taux sont souvent dues à des particularités locales. Certains IEJ recrutent sur dossier, d’autres non. Ce qui peut aussi expliquer des taux plus élevés.

Si vous comptez vous réinscrire à l’IEJ, je suis assez sceptique sur le fait d’aller s’inscrire dans un IEJ disposant d’un meilleur taux. Déjà, parce qu’il y a des particularités locales et ensuite, parce que les enseignants de vos IEJ respectifs, là où vous avez effectué vos 4 ou 5 années d’études, vous connaissent. Et cela peut jouer notamment pour les oraux (je sais ce que vous allez me dire : il faut déjà passer la barre des écrits, mais quand même). Ce n’est pas toujours bien vu un étudiant venant d’une autre faculté par pur opportunisme. Je vous le dit évidemment avec beaucoup de prudence et je vous laisse maître de vos choix.

2 – Réfléchir aux causes de l’échec :

Déjà, il faut réfléchir au pourquoi du comment : manque de préparation, de méthode, de temps lors de l’épreuve, de connaissances, de confiance, d’entraînement..

Peut-être que votre M1 ou M2 effectué en parallèle vous a pris beaucoup de temps sur vos révisions.

Est-ce que votre stratégie de choix des matières n’est pas à revoir ?

3 – L’échec au premier passage :

Là je peux vous en parler en connaissance de cause. J’ai échoué une première fois à l’examen en 2015 et d’assez loin (j’étais aux alentours de 8,5/20 de moyenne..). Une vraie claque. A cause de ma spécialité je pense. (Que j’ai décidé de changer lors de mon second passage. Moralité, il faut parfois repartir de zéro).

L’échec a été très difficile à surmonter. En fait je crois que je ne l’avais pas prévu. Ce n’est pas de la prétention mais plutôt de la naïveté. J’étais en stage en cabinet durant l’été 2015 (jusqu’à mi-juillet) et j’ai enchaîné directement avec une prépa estivale sur place. Cocktail explosif. Je n’étais absolument pas préparé (ce n’est pas de la faute de la prépa, je n’avais rien travaillé durant l’année). Je n’avais pas non plus ouvert les fascicules de prépa avant le début de celle-ci. Découvrir les fascicules au fur et à mesure de l’avancée de la prépa est une grosse erreur.

Mais quand même, l’échec a été difficile à surmonter. Et puis le plus dur c’est la suite. Cela ressemble au néant en fait. Tout s’arrête. On est bien occupé (car j’avais quand même vraiment beaucoup bossé durant l’été) et là, c’est le calme plat. Alors il faut réfléchir à son avenir.

 J’avais ensuite plusieurs hypothèses pour la suite des événements : on me proposait un stage en cabinet de 6 mois qui devait débuter en Janvier. Au départ, j’étais très heureux  de cette opportunité et j’ai faillit partir là-dessus.

Et puis, d’autres personnes m’ont fait réfléchir : un stage c’est bien, mais si tu veux repasser le CRFPA, c’est quand même très loin des préoccupations théoriques de l’examen. Comme je voulais quand même le repasser, j’ai écarté le stage. Je sais que c’est un choix personnel que certain.e.s d’entre vous, n’approuvent pas forcément.

Du coup, mon choix s’est tourné vers une prépa semestrielle. 6 mois de cours, d’entraînements.. Le problème c’est qu’on était fin octobre. La prépa ne débutait qu’en Février. Alors j’ai décidé de travailler. J’ai travaillé 2 mois dans un grand magasin parisien. En pleine période de Noël. Une belle expérience. Et de belles rencontres qui m’ont fait oublier rapidement le passé..

Quoi qu’il en soit, si vous avez échoué pour la première fois et que votre moyenne se situe entre 9 et 10, tentez-le à nouveau par pitié !! Votre réussite aux écrits ne se joue qu’à quelques 1/2 points dans chaque matière. Autant dire presque rien.

4 – l’échec au deuxième passage

Là c’est toujours un peu plus compliqué. Deux années de sacrifices et pas de résultats. Je peux comprendre le découragement immense.

Faut-il le repasser une troisième fois ? Enchaîner une troisième année de préparation je trouve que c’est plutôt risqué. En effet, il faut bien mesurer le coût énergétique d’une préparation. Cela vous pompe énormément d’énergie. J’ai peur aussi que vous soyez dégouté rapidement du CRFPA.

Alors peut-être que la solution c’est de laisser passer du temps. Vous êtes juristes. Pourquoi ne pas trouver un poste de juriste dans une entreprise, même dans un cabinet (beaucoup de cabinets d’avocats recrutent des juristes), un poste d’assistant de justice dans un Tribunal, un second M2, une année à l’étranger…

Et puis, passé un an ou deux, l’envie reviendra de le repasser et vous serez prêt. Il n’y a jamais de parcours tracé et dans mon école d’avocat, il y a une élève-avocate d’une trentaine d’année, qui a été juriste de nombreuses années et qui s’est ensuite présentée à l’examen.

Soyez attentif à vos notes et à votre moyenne qui conditionnera votre détermination à le repasser une troisième fois. Faites un rapport bénéfice/risque.

5 – l’échec au troisième passage :

Le constat est simple : vous n’accéderez pas à une école d’avocat par la voie de l’examen du CRFPA.

Attention, votre vie professionnelle ne s’arrête pas là. Il va sans doute falloir beaucoup de temps pour digérer l’échec mais il existe également de nombreuses passerelles. Notamment la voie du doctorat. Il faudra compter, 3 à 4 années supplémentaires au minimum avant de pouvoir présenter sa thèse et s’inscrire dans une école d’avocat.

Evidemment, de nombreux exemples prouvent que l’on peut trouver son épanouissement ailleurs. Si vous êtes spécialisés en procédure, droit bancaire, les banques recrutent à tour de bras. De manière générale, les services juridiques sont de très gros pourvoyeurs d’emplois.

6 – Attendre ses notes :

Avant toute chose, il faut attendre votre relevé de notes et prendre le temps de regarder vos copies en vous rendant directement à la fac. C’est un moment difficile mais un passage obligé pour déjà digérer l’échec. Les copies ne sont pas forcément bien annotés, cela dépend des correcteurs, mais cela permet aussi de se rendre compte par soi-même de ses notes et de ne pas rester dans le déni.

Et ne faites pas comme moi qui avait raté le jour de consultation des copies et qui n’a jamais pu les consulter. Situation très frustrante.

7 – Ne pas se précipiter :

Ne vous précipitez pas dans la suite de votre orientation. Prenez le temps de la réflexion. Vous avez besoin de prendre du recul et c’est encore trop frais dans votre tête. Donnez-vous jusqu’à la fin novembre pour réfléchir sur la suite des opérations.

En une année il peut se passer beaucoup de choses. Déjà, ne vous précipitez pas sur une nouvelle inscription au CRFPA. Les inscriptions se poursuivent bien souvent très tard dans l’année. Peut-être avez-vous d’autres projets plus « épanouissants » pour le moment : une année à l’étranger, un stage motivant (des recrutements sont souvent organisés durant le mois de novembre dans les grands cabinets d’avocats)

Quoi qu’il en soit, profitez de la fin de l’année pour vous reposer et profiter de vos proches que vous avez peut-être un peu délaissé ces derniers temps. Ils seront aussi de bons conseils.

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7 réflexions sur “Gérer l’échec à l’examen du CRFPA

  1. Bonjour,
    Merci pour cet article qui est réconfortant quand on ne se remet toujours pas de cet échec. Pour ma part, je n’ai pas été admissible en le passant pendant mon M2+stage + prépa estivale… et j’ai vite été dépassée ( naiveté quand tu nous tient) ayant moi aussi attendu la prépa pour ouvrir les fascicules . Du coup, j’ai une question et je m’excuse si elle a déjà fait l’objet d’une réponse. J’avais comme option droit des affaires ( ma spécialité et matière qui me convient par affinité) mais je réfléchis à changer d’option pour pénal car d’une part l’ensemble de mes profs de prépa nous répétait qu’on était  » stupide » d’avoir choisi cette option à la place de pénal « plus facile » ; D’autre part, parce que je constate que la majorité des personnes que je connais étant admissible avait opté pour pénal. Enfin, étant à Assas je me demande si l’option affaire est judicieuse car fera surement l’objet d’une correction  » locale » plus sévère.
    ps: je lis depuis une semaine les livres de pénal et sans vouloir être grossière ça m’ennuie déjà… mais je veux réussir ! du coup dois je me forcer?
    Merci d’avance pour la réponse et pour le travail fait sur ce blog.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Cassandre. Je voulais m’excuser pour ma réponse tardive. Il faut bien comprendre que la matière de spécialité vous suit toute l’année. Il faut donc je pense éviter les calculs, les statistiques. Il est vrai que le programme de droit des affaires est dense (et ce n’est pourtant pas le plus dense quand on voit le bloc civil). Maintenant il faut vous poser une question. Quelle matière peut vous faire vous lever le matin sans que vous soyez déjà déprimé à l’idée de réviser ? Combien de temps allez vous vous forcer à apprendre une matière qui, manifestement, vous ennuie ? Après je ne sais si vous avez déjà eu vos notes mais il conviendra peut être de récupérer votre copie et d’analyser votre note. J’ai vu que vous aviez cumulé M2 et stage et que vous n’aviez pas eu le temps d’ouvrir vos fascicules avant. Peut être que c’est aussi un enchaînement de conséquences que vous réussirez à mieux maîtriser pour 2018. Tout cela est à prendre en compte.

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