Conseils de lecture pour le #CRFPA2018 – 1ère partie

L’examen du CRFPA nécessite de s’entourer de quelques ouvrages bien choisi. Je vous propose une première sélection de livres tous publiés en 2017/2018 et qui pourraient vous être bien utiles pour l’examen !

Bon on ne va pas se mentir mais ce début de Printemps ne coïncide pas avec le retour des beaux jours.. On a plutôt envie de rester au chaud, accompagné d’un bon livre. (sinon la chronique s’arrêterait là..)

Cela tombe bien. J’ai pris mon courage à deux mains il y a une petite dizaine de jours : je me suis rendu dans ma librairie préférée et j’ai fait une petite razzia des dernières nouveautés littéraires qui pourraient intéresser les aspirants avocats. Certains éditeurs ont même voulu m’épargner cette sortie et j’ai reçu gracieusement certains ouvrages directement dans ma boîte aux lettres.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps d’ouvrir un bon livre en rentrant du travail.

Il s’agit là d’une première sélection que je n’hésiterais pas à actualiser au fur et à mesure de la sortie de nouveaux ouvrages. Je sais déjà par avance que de nombreux éditeurs vont actualiser leurs collections pour le CRFPA 2018 dans quelques semaines..

La sélection est divisée en deux parties : l’une correspondant aux écrits (elle est encore modeste mais nous sommes encore tôt dans la saison) et l’autre plus particulièrement réservée au Grand Oral.

 

* Les ouvrages pour vos écrits

Pour l’instant pas de grandes nouveautés pour ce cru 2018. Les éditeurs ont fait beaucoup d’efforts il y a de cela un an pour proposer des collections et ouvrages en incluant la nouvelle réforme. Cette année, il s’agira essentiellement de les actualiser.

1/ « Mementos LMD : Note de Synthèse » Séverine Visse-Causse – 1ère édition 2018/2019 – 16,50€

Note de Synthèse - MEMENTOS LMD

Ce nouveau Mémento aux éditions Gualino est vraiment un très bon outil pour débuter sa préparation au CRFPA. Et je trouve que cet ouvrage a un grand mérite : commencer par le commencement, à savoir se poser cette question : pourquoi une épreuve de note de synthèse au grand oral ? Et cette question est loin d’être anodine. Savoir répondre à cette question, c’est déjà avoir compris une partie de la méthode.

J’ai beaucoup apprécié les conseils de préparation. Et notamment un que je répète sur le blog régulièrement depuis maintenant un an : l’entraînement

Les conseils de lecture sont pertinents : notamment l’ordre de lecture ou la sélection des documents pertinents et du fameux document pivot.

On retrouve également de nombreux conseils sur la prise de note : la méthode du tableau ou la prise de note en marge du dossier. L’auteure de l’ouvrage n’hésite pas à rappeler les fondamentaux à commencer par écrire uniquement au recto afin de manipuler le moins possible vos feuilles pour ne pas se perdre.

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La plus-value de ce memento : un dossier d’entraînement de note de synthèse accompagné et entièrement corrigé : Tout est rappelé et détaillé pas-à-pas. J’ai trouvé cela particulièrement bien fait, et c’est assez rare pour le souligner, car un tableau de prise de note est même entièrement reproduit et complété. Cela permet de savoir quelles informations étaient particulièrement nécessaires pour le dossier. Le dossier est composé de 12 documents sur le thème de la laicité.

Deux autres dossiers avec une correction rapide suivent. L’introduction, bien que corrigée, est un peu courte, mais les plans sont de très bonne facture. Pas de panique, l’Éditeur Gualino doit publier très prochainement un Mémento spécifique avec des exercices de note de synthèse. A suivre..

 

 

* Les ouvrages pour le Grand Oral :

1/  » Femme de Robe » Par Michèle Dassas – Edition Marivole – Février 2018 

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Je pense que l’une des questions qui revient le plus souvent au Grand Oral, et à juste titre, est celle de savoir qui fut la première femme à plaider. Cette femme c’est Jeanne Chauvin en 1901. Mais quelle frustration de s’arrêter uniquement sur ce nom sans connaître son histoire.

Et cela tombe bien. Michèle Dassas, écrivaine, publie un roman à son propos : « Femme de Robe ». Car Jeanne Chauvin n’a pas démérité pour porter son titre, loin de là. Il a fallut beaucoup de temps pour prétendre à ce titre et prêter serment

Les première pages de ce livre donnent le ton. A commencer par cette citation d’Albert Bataille en 1897 (un confrère) :

«  Mlle Chauvin est-elle seulement capable de réussir une bonne blanquette ? »

Marie-Aimée Peyron, Bâtonnier du barreau de Paris vient, dans une préface militante, faire le trait-d’union entre l’Histoire de la profession et la nécessité de se souvenir qu’il a fallut se battre pour que la femme accède aux emplois publics

Le premier chapitre s’intéresse au doctorat de Jeanne Chauvin et à sa soutenance. Nous sommes en 1892. Et l’on sent dès les premières lignes sa détermination, sa volonté de dépasser les clichés, portée par cet élan contestataire. Pourtant, dans la petite salle où se déroule la soutenance, les premières remarques misogynes fusent..

L’on découvre ensuite le quotidien de sa difficile accession au barreau, la conciliation entre vie de famille et vie professionnelle. Des interrogations toujours d’actualité.

Dès les premières lignes, on est emporté dans cette vie romancée que Jeanne Chauvin a, vécue. Le style d’écriture de Michèle Dassas, que je découvre, est d’une fluidité efficace parfaitement adapté aux péripéties vécues par Jeanne Chauvin.

Des extraits de journaux ponctuent le livre. ils sont particulièrement véhéments vis-à-vis de la femme et permettent de se donner une idée saisissante de l’époque.

 » Voyez-vous d’ici sa robe à la barre ? Bah ! On s’y habituera. Est-ce que les avocats ne sont pas habillés en femmes ? Les juges aussi ? Et les curés ? Et les professeurs ? Est-ce que Rochefort ne les appelle pas chaque jour des enjuponnés ?  » 

 

2/ « Pour la liberté » – François Sureau   – Edition Tallandier – Parution Août 2017 – 7,90€

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François Sureau est avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation et nous dévoile ici un vif plaidoyer à propos de nos principales libertés fondamentales.

Comme avocat représentant la Ligue des droits de l’homme, François Sureau a plaidé à trois reprises devant le Conseil constitutionnel la non-conformité à notre Constitution de dispositions législatives relatives à l’état d’urgence : la première pénalisait la consultation de sites terroristes, la seconde créait un « délit d’entreprise individuelle terroriste », la troisième entravait la liberté d’aller et venir

Cet ouvrage est vivement recommandé en prévision de votre Grand Oral. C’est une vraie réflexion philosophique, mêlant l’Histoire de nos libertés et l’actualité. Un bon entraînement pour votre futur Grand O !

Ce recueil de 3 plaidoiries amène à nous interroger sur les remparts que nos gouvernements successifs ont pu ériger à propos de la défense de nos libertés. Par quoi peut-on justifier les récentes lois venues petit à petit grignoter nos libertés.

Dans ses plaidoiries, François Sureau fait des rapprochements d’époques et confronte les grands auteurs à nos libertés : Sartre, Tocqueville, Bernanos..  Leurs pensées font échos à notre actualité.

« Ces lois d’exception sont des armes terriblement dangereuses. On les bâcle sous prétexte d’atteindre une catégorie d’hommes spécialement en butte à la haine ou la terreur du public (…). Puis on glisse sur une pente presque irresistible.. » 

Francis de Pressensé (1853-1914) – membre fondateur et président de la LDH 

François Sureau veut nous convaincre que l’érosion des droits de l’homme, portée par le discours et la mesure politique, vient servir le courant idéologique des groupuscules islamistes. Il est donc urgent que le législateur redonne toute l’importance qui est dû à nos libertés et se souvenir que la liberté est indivisible. Aucune ne mérite que l’on s’y intéresse plus qu’une autre..

« Après les attentats du Bataclan, le mari d’une victime a publié une lettre, où il disait (..)  » Vous n’aurez pas ma haine ». Le législateur, quant à lui, paraît publier à chaque loi nouvelle, une lettre ouverte à Daesh où il proclame  » Vous n’aurez pas notre haine, mais tenez, vous pouvez avoir nos libertés ». 

 

 

 

 

 

3/ L’audience est levée.. Scènes de prétoires en correctionnel – Laurence NEUER – Février 2018 – 25€

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Il y a des ouvrages de Droit qui arrivent à mêler la cocasserie et l’explicatif.   » L’audience est levée » en est de ceux là.

J’avoue ne pas avoir su dans un premier temps comment aborder ce livre. Il s’agit en fait de brèves de prétoires racontées par Laurence Neuer, journaliste au Point.

Loin des affaires médiatisées, Laurence Neuer nous fait vivre la justice du quotidien : jeunes délinquants sans repère, voleurs, chauffards multirécidivistes, escrocs en tout genre..Et l’on se dit que la diversité de ses affaires ne doit pas faire oublier la tâche immense de notre institution judiciaire : rendre la justice pour tous et en tenant compte des particularités de chaque dossier.

L’ouvrage est divisé en grands chapitres  : le couple et ses démons, Arnaques et escroqueries en tout genre, les délinquants de la route… Toutes les chroniques ont été publiées dans Le Point sous la rubrique  » Carnets de justice » entre 2010 et 2017.

Un livre très fort qui nous met face à des situations racontées autant avec pudeur que violence. La brièveté des histoires de vies racontées par Laurence Neuer vient ajouter un climat particulier tendant à mettre en évidence la rapidité de certaines audiences. Ce côté abrupte de l’institution judiciaire..

 

 

 

Pour conclure..

La difficulté des révisions pour le Grand Oral est que le programme est tellement vaste qu’une sélection de 4 ou 5 livres peut sembler dérisoire. Ce qu’il faut vraiment avoir en tête, c’est que cette épreuve est avant tout une épreuve d’exposé-discussion. Et la discussion que vous aurez avec votre jury va porter sur votre culture générale, votre aisance dans l’expression, votre facilité à jongler avec les notions juridiques et particulièrement les libertés. Rien de tel que les livres pour, dans un premier temps, développer votre vocabulaire, votre expression et dans un second temps, vous imprégner de plaidoiries, de concepts philosophiques (c’est le cas du livre de François Sureau).

Je dois quand même vous avouer que lors de ma préparation au Grand Oral fin 2016, et par manque de temps, je n’ai pas pu m’imprégner de ces textes, de lire des essais sur les libertés. Je le regrette profondément. Je me suis contenté, ce qui n’est déjà pas mal, de suivre l’actualité mais je n’ai pas eu le temps de m’imprégner de l’ADN de cette épreuve à savoir l’Histoire de nos libertés, la philosophie de nos libertés… Avoir un aperçu de ces concepts et réussir à les restituer à l’oral sera pour vous une énorme plus-value.

Alors si vous pouvez, n’attendez pas cet été (votre temps sera alors compté et, à juste titre, vous donnerez priorité à vos écrits) pour vous forger une culture juridique, judiciaire et philosophique en rapport avec nos libertés.

J’espère que cette première sélection vous aura réconcilié avec la lecture !

A votre tour, partagez vos conseils de lecture !

 

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Une réflexion sur “Conseils de lecture pour le #CRFPA2018 – 1ère partie

  1. « Etre juré populaire en cour d’assises » de Célia Gissinger-Bosse, sociologue. Ouvrage très intéressant, réalisé à l’aide de témoignage d’une trentaine d’ex-jurés mais également de quelques magistrats.

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