Récit – Première semaine au cabinet

 

Cette semaine, j’ai débuté ma première semaine de stage en cabinet d’avocat. Ce fameux stage final va m’occuper pendant 6 mois et venir clore les 18 mois de formation avant le passage du fameux CAPA. Voici le récit de cette première semaine : un peu d’appréhension, de l’excitation et beaucoup d’observation..

J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article. Tout d’abord, parce qu’il est plus personnel. Ensuite, parce que comme vous le savez, l’élève-avocat jure de conserver les confidences recueillies au cours de ses stages. Je dois donc faire de plus en plus attention à ce que je dit et veiller à ne pas rompre la confidentialité.

Ce moment d’hésitation passé, j’ai quand même décidé de vous raconter cette première semaine de stage final. Aussi pour conserver une trace de ce moment et surtout parce que ce récit peut aussi intéresser les étudiants préparant le CRFPA voir même les élèves-avocats nouvellement promus qui viennent de débuter les 18 Mois de formation.

Vous savez certainement déjà que la formation d’un élève-avocat, c’est 18 mois réparti en 3 grande période :

  • 6 mois de cours
  • 6 mois de stage PPI ( Du contentieux bancaire dans le service juridique d’une banque pour ma part)
  • 6 mois de stage final.

Vous l’aurez compris, j’entame donc en ce mois de Janvier le dernier tiers du reste de ma vie.

Le stage final, c’est le moment le plus redouté pour les élèves-avocats. Déjà, pour le trouver. C’est une petite prise de tête et du stress. On envoie énormément de candidatures et on ne sait jamais vraiment quand débuter nos recherches. Il y a une petite pression car nous sommes assez nombreux et évidemment on veut tous les meilleurs stages. Du coup, durant les 6 mois de cours (plus particulièrement vers le mois de Mars-Avril), on test son adresse mail pour voir si tout fonctionne bien, on consulte ses appels, les messages. On traque la moindre notification sur son téléphone pour ne pas laisser s’échapper « LA » proposition de stage tant attendue. On s’absente de l’école pour prendre un train et courir après les entretiens. Bref, c’est une période assez intense et dont on a hâte qu’elle se termine. Heureusement l’école met aussi à notre disposition une liste de diffusion d’offres de stages qui aide à centraliser nos recherches. S’il y a un conseil à retenir de tout cela c’est qu’il ne faut pas hésiter à relancer les cabinets. J’étais assez réticent à cette méthode de « forcing » qui consiste à relancer à tout prix l’avocat par mail, mais finalement cela paie et démontre certainement déjà notre motivation et notre persévérance. Mais il faut aussi savoir lâcher l’affaire. Cela se joue au feeling.  Avec le recul, je crois qu’il ne faut pas voir un entretien comme un mauvais moment où l’on va se faire juger par « x » paire d’yeux. Je crois que le stagiaire a aussi une part décisionnelle importante dans le processus de recrutement et qu’il ne doit pas oublier que cet entretien doit être avant tout un moment d’échange qui lui permettra de jauger ses recruteurs. Combien de fois je me suis rendu compte, en écoutant un avocat lors de mes entretiens, que le poste n’était tout simplement pas fait pour moi..

 

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Pour ma part, j’ai commencé à débaucher les cabinets en Avril 2017. Je m’étais fixé pour objectif de trouver mon stage final avant de partir en stage PPI en Juillet. Je pense que cela doit être difficile de combiner le stage PPI et la recherche du stage final.  Alors, j’ai fait un beau tableau Excel où j’ai listé les cabinets qui pouvaient me plaire en Province et sur Paris (avec préférence pour ma région pour un tas de raisons personnelles).

J’ai donc envoyé des candidatures par mail essentiellement ou en postulant directement en ligne. J’ai eu des entretiens un peu partout. J’ai essuyé des refus (je barrais au fur et à mesure les cabinets sur mon tableau Excel pour ne pas me perdre et risquer des doublons), je n’ai aussi parfois jamais eu de réponse (rare) et j’ai surtout eu la chance d’avoir, au final, le choix.

En Mai 2017, j’ai eu un entretien dans un cabinet qui s’est avéré, finalement, être le bon. L’entretien a duré 1h30 avec 4 associés autour de la table. Ce n’est pas le moment le plus agréable bien que tout s’est très bien déroulé. On a parlé de la vie du cabinet, de ses perspectives d’évolutions, de la plus-value que je pouvais apporter au cabinet..

Finalement, la réponse a été positive dès la fin de l’entretien. J’avais décroché mon stage final. J’étais vraiment content. D’abord parce que c’est un cabinet de province réputé et qu’il y a une certaine fierté à intégrer ce type de structure. Bon à vrai dire cette flatterie  d’ego ne dure que 5 minutes et la réalité nous rattrape par la sempiternelle question « est-ce que je vais faire l’affaire ? ».

Il y a dans le cabinet où je suis, une quinzaine d’avocats et une vingtaine de salariés (secrétaires, assistantes juridiques, juristes…), c’est une belle machine et ça travail bien. On sent que chacun sait ce qu’il doit faire et les tâches (courriers, greffe..) sont bien déterminées.

Vous comprendrez certainement que je ne peut pas trop m’étendre plus en détail sur les activités du cabinet mais le domaine d’activité est principalement tourné autour du droit des sociétés, du droit fiscal et du contentieux. J’ai été recruté pour le pôle droit des sociétés. Cela comprend la constitution des sociétés, les opérations exceptionnelles, ce qu’on peut appeler parfois les opérations de haut de bilan (nan mais t’as vu comment le gars nous parle..ahah^^) (cessions de contrôle, fusion, scissions, Apports partiels d’actifs..), groupes de sociétés, cessions de fonds de commerce.. Peut-être que certains d’entre vous sont familiers avec ces termes et que d’autres y sont complètement hermétiques.

Alors, inévitablement, le Lundi 8 Janvier 2018 est arrivé. Le premier jour du stage. Depuis deux jours déjà je me faisais un peu de bile. J’étais un peu soucieux. Je ne suis pas quelqu’un qui s’en fait d’habitude mais là, je dois l’avouer, j’ai eu une appréhension à débuter le stage. C’est toujours très difficile d’arriver dans une structure que l’on ne connait pas avec des habitudes différentes. Je sors de mon PPI qui s’est terminé il n’y a pas si longtemps et où j’ai pu prendre mes marques et voilà que, bien établit dans mon petit confort, je dois tout réapprendre. Réapprendre les noms, les lieux ( le cabinet dispose de 3 étages d’un immeuble avec des couloirs, des tournants, des bureaux et des passages secrets disséminés un peu partout), les habitudes de travail de chacun..

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Lundi, 8h45. Je sonne à l’interphone. Voix joviale (la secrétaire principale en vrai est un amour). On me fait patienter dans le salon d’attente (Je tente d’ouvrir et de lire une revue Challenge pour paraître un peu cool mais sans grand succès, je tourne les pages machinalement).

9h05, un avocat associé me reçoit. Excusant ma maître de stage déjà en réunion, nous débutons tous les deux un rapide tour du propriétaire. On me présente tour à tour les stagiaires, (le planning des stagiaires est impressionnant, j’ai pu le consulter, le cabinet reçoit au premier semestre 2018, une dizaine de stagiaires, du stage découverte 3ème au stage Licence, M1 ou M2, à prendre en compte au prorata du nombre d’avocat ), les secrétaires, les assistantes juridiques, les juristes, les collaborateurs, les associés. En 30 minutes chrono, les présentations sont faites. Je retrouve un autre collègue élève-avocat que je connaissais déjà. Il a été affecté au pôle contentieux.

La journée se poursuit par la présentation des premiers dossiers et déjà le premier rendez-vous client arrive. Je m’arrête un instant sur ce rendez-vous. Il y a, j’en suis intimement persuadé, beaucoup d’à priori sur le métier d’avocat en droit des affaires. Profession déshumanisé qui brasse beaucoup d’argent.. Et bien, dès mon premier jour de stage, ces à priori sont tombés. D’abord, parce qu’il y a toujours derrière une opération juridique quelqu’elle soit, un homme, un chef d’entreprise qui doit prendre des décisions importantes pour la pérennité de sa société. (Y’a de l’humain quoi !) Ensuite, parce que chaque situation est différente. Et l’on m’a toujours appris à écouter les besoins de ces chefs d’entreprises. Contexte de société familiale, affecte entre les associés, les situations qui imposent de faire les choix aux bons moments pour la croissance de sa société sont très variées.

Je n’essaye pas là de vous vendre un discours mais il y a, même en droit des affaires, un côté humain qu’il ne faut absolument pas négliger sous peine de passer à côté des besoins du client. Et c’est cela qui est le plus intéressant. Comprendre les attentes de son client.

Pour revenir au déroulement de la semaine, celle-ci s’est déroulé sans trop d’accrocs. Je fais des horaires très raisonnable (les stagiaires des cabinets parisiens vont sans doute hurler). En gros (et pour le moment..) : 8h45-12h30 et 14h-19h/19h30 (Notez que l’on commence plus tôt en province). Je suis assez libre sur mes horaires. On a également la possibilité de déjeuner au cabinet. Une organisation somme toute classique.

J’ai aussi reçu durant la semaine le badge d’accès. Ce n’est pas une révolution mais c’est un vrai confort en terme d’autonomie. (Et je crois que la secrétaire de l’accueil était encore plus heureuse que moi de savoir que je n’aurai plus à appuyer sur l’interphone pour que l’on m’ouvre^^).

De manière générale, je pense que je vais apprendre beaucoup de choses.  Les avocats prennent le temps d’expliquer le dossier, leurs attentes. Les missions sont diversifiées et il y a une bonne ambiance. J’ai déjà repéré les nombreux montages photos affichés  en salle de pause de tout le staff en train de faire de l’accrobranche ou dans un fameux parc d’attraction… On sent une réelle volonté d’impliquer tout le monde dans l’évolution du cabinet : du secrétariat (les filles du secrétariat font un travail de fou de dispatching des appels et je leur tire vraiment mon chapeau car le téléphone sonne sans arrêt. Il faut gérer les agendas, les absences, les rappels..) aux associés. La dimension entrepreneuriale du cabinet se ressent également. C’est une petite entreprise où chaque avocat doit développer son pôle.

Le matin vers 10h30, les présents de la journée qui ont pu se libérer de leurs obligations montent en salle de pause prendre un café. Il n’y a pas forcément tout le monde mais cela donne une ambiance particulière. On échange sur les dossiers de manière plus informelle. On n’y parle d’ailleurs pas forcément boulot.

Cette première semaine se termine. Il en reste 23. Croisons les doigts pour que tout se passe bien ;-). On attend beaucoup de ce stage et notamment sur la manière dont on souhaite exercer cette belle profession. Récit à suivre donc dans les prochaines semaines…

***

Je le répète à chaque fois et je m’en étonne encore mais vous êtes toujours aussi nombreux à me suivre et à lire les articles du blog (même le weekend). Vous n’imaginez pas à quel point cela me fait plaisir. N’hésitez pas à partager l’article sur vos réseaux sociaux !

J’espère que ce blog vous aide à appréhender dans un premier temps les différentes étapes à franchir, le CRFPA notamment, mais également le déroulement du cursus d’un élève-avocat.

N’hésitez pas à consulter les différents articles du blog. Il y a en haut de page, une icône « MENU ». J’ai retravaillé le MENU pour essayer de le rendre plus fonctionnel. Les articles sont classés par thème.

A très vite !

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